La maroquinerie est la fabrication de sacs, de portefeuilles, de porte-monnaie, ceintures, bijoux, valises, etc. Le temps attribuerait élégance et patine aux cuirs de toutes les époques et de toutes les civilisations.
Les objets de maroquinerie sont créés avec divers cuirs.
On distingue les peaux classiques :
- le Box (ou cuir de veau)
- le cuir de bœuf ou de vache
- le Cordovan (ou cuir de chevreau à l’origine, maintenant cuir de cheval)
- les peaux exotiques : de mammifères (éléphant, buffle, etc.), de reptiles (crocodile, serpent, etc.) et de poissons (galuchat,
requin, raie, saumon, anguille, etc.)
Le travail du cuir existe depuis la préhistoire, c’était une des premières ressources pour l’Homme.
La maroquinerie s’est peu à peu développée, devenant une industrie à part entière.
Le terme «Maroquinerie» trouve son étymologie dans le mot maroquin qui désigne le tannage du cuir de chèvre au sumac. Le terme est maroquin est en lien direct avec le nom du Maroc, pays où le travail du cuir était très perfectionné, notamment dans la Fès almohade.
La technique de transformation du cuir fut transmise par les marocains à l’Europe à travers Al-Andalus (cuir cordouan, Cordoue d’où dérive du mot cordonnier)
On a assisté à la création de nouvelles industries dans les villes de l’Europe du Sud et du Maroc, car une véritable révolution s’est mise en route, grâce à la nouvelle clientèle bourgeoise. Dans les années 1180, le travail des peaux et des cuir se développèrent. Les ouvriers du cuir étaient en nombre considérables dans la cité. La brigandine (armure constituée de plaques rivetées sur du cuir) s’accompagne alors de cartouchières, ceintures, étuis et autres accessoires.
L’industrie du cuir connaît donc un essor considérable, surtout dans la ville de Pise en Italie. Mais le travail paraît assez indélicat, lourd et brut. Les peaussiers abandonnèrent la technique orientale du tannage à l’eau froide, qui était un procédé lent et coûteux, pour adopter plutôt une technique différente de meilleur marché, et offrant ainsi des cuirs moins souples.
Dans les années qui ont suivi cet essor, le cuir redevint synonyme de mauvais goût et de ruralité que l’on associait aux paysans. Les pèlerins de St Jacques de Compostelle attachaient à leur ceinture une aumônière en cuir pour ranger les pièces de monnaie qu’on leur donnait. L’expression « se serrer la ceinture » provient sûrement de cette époque où la « ceingture » puis « cinture » était associée à la mendicité. Vers les années 1260, les besoins et modes des bourgeois évoluèrent vers une nouvelle tendance car ils recherchèrent désormais de la fourrure pour leurs vêtements, ainsi que de la laine.
Du XVIe siècle au XIXe siècle
Le sac, objet incontournable de la maroquinerie, a suivi l’histoire de la mode. Il est plus significatif de l’évolution vestimentaire que de sa fonction proprement dite. Au Moyen Âge, la différenciation des vêtements entre les hommes et les femmes apparaît, et avec celle-ci, le port de la bourse. En effet, elle était réservée aux hommes, tandis que les femmes portaient les objets dans des poches aménagées dans leurs robes.
À la Renaissance, le cuir illustre un certain art de vivre, l’atmosphère même du confort et du luxe.
En 1749 est créée une Manufacture royale du Cuir. Le XVIIIe siècle connaît un développement considérable des objets de luxe, réalisés par les maîtres-gainiers (travaillant dans la gainerie) en passant du coffret à la malle, par le portefeuille, mais également que ce soit pour coudre, écrire en maroquin estampé, doré, ou en galuchat. Le cuir a une double dimension : pratique et prestigieuse. Distinction entre une simple valise et un bagage du malletier. Seuls les artistes se servent encore des malles profondes. Pour les autres, l’artisanat de luxe a su créer des modèles plus souples, plus légers, plus rationnels. Mais leur ligne, leurs finitions, leur qualité essentielle, les différencient au premier coup d’œil.
Comme pour de nombreux matériaux, le cuir passe dans les mains des industriels. Mais le terme «maroquinerie» n’apparaît qu’avec la création du portefeuille vers 1835, et deviendra par la suite une importante industrie.
Le terme recouvre alors rapidement une foule d’objets de petites tailles.
Le cuir au XXe siècle
C’est avec la mode révolutionnaire que le sac féminin s’extériorise. Le sac féminin devient de plus en plus populaire et le terme «sac à main» apparaît au XXe siècle.
Au début du XXe siècle, les artisans de l’Art nouveau vont faire du cuir un support privilégié pour des créations en tout genre : portefeuilles, sacs, reliures ornés de motifs floraux et animaliers.
L’essor de la maroquinerie
C’est au XXe siècle que l’industrie du cuir telle qu’on l’a connaît, s’étend. Les progrès techniques permettent au cuir de se développer. Le secteur de l’automobile va être un véritable tournant pour la maroquinerie. En effet, l’apparition des intérieurs en cuir devient un symbole de luxe et les accessoires tels que les gants en cuir sont très convoités !