Le premier sac
Le premier sac ressemblait à une poignée de peaux nouées à une baguette de bois, un contenant provisoire pour la nourriture et les silex. Après ces modestes débuts, le sac a évolué en prenant toutes les formes, les couleurs et les matières imaginables. Les sacs au temps de l’Antiquité, était une poche qui se portait nouée à la taille. Jusqu’à l’ère des croisades chrétiennes, la bourse à fermeture coulissée est le sac le plus couramment utilisé. Rapidement, l’ajout d’une armature en métal augmente la grandeur du sac et lui donne une meilleure tenue, mais il se porte toujours autour de la taille. Entre le XIIème et XVème siècles, la mode veut que les femmes l’accrochent à leurs ceintures. Au Moyen-Âge, le sac devient mixte et se distingue seulement par des variations mineures d’ornementation et de contenu selon le sexe.
Le culte du minuscule
Le culte du minuscule sac brodé et décoré pour la femme stylée commence par l’aumônière, une bourse à nœud coulant destinée à encourager la générosité publique. Dès le début, les petits sacs suggèrent l’appartenance à une chasse. Les gros sac portés en bandoulière évoquent une journée de dur labeur et sont l’apanage des paysans. Au XVIème siècle, quand les jupes s’élargissent, les femmes cachent leurs objets dans les plis du tissu, dans les manchons, dans leurs manches, mais au XVIIème siècle, elles trouvent une meilleure solution sous la forme de jolies poche en forme de poire attachées à chaque hanche sous des jupons à panier. Les poches des femmes ne sont pas cousues dans leur robe à l’inverse des hommes qui, sont intégrées à leurs vêtements et les affranchit de la traditionnelle bourse ou du volumineux portefeuille suspendus à leur ceinture. C’est le moment de l’histoire où le sac divise les sexes.
Les poches que les femmes portent nouées à la taille leur permettent de transporter leurs objets personnels avec elles. La robe style « impératrice », présentée à Paris en 1790, donne naissance au sac à main. La mode s’empare de la poche, lui attribue une coulisse et crée le réticule, qui se tient à la main. Ces petits sacs externes, sont raillés par la presse et surnommés « ridicules ». En 1805, ces moqueries visant les femmes qui portent au-dessus ce qui doit être porté en-dessous, perdent leur virulence et rares sont les femmes qui sortent de chez elles sans leur sac.
Devenus des accessoires strictement féminins, les sacs sont maintenant perdus pour les hommes qui, par voie de conséquence, restent encore plus les mains dans les poches !
Le premier sac à main en cuir
Le premier sac à main en cuir apparaît un peu plus tard, quand le besoin se fait sentir d’avoir un fourre-tout solide à poignées pour voyager. Inspiré du bagage, le sac à main des années 1860 est une valise miniature complète, avec une serrure, une clé et un compartiment à billets à l’intérieur. A la différence du fragile réticule en maille, ce sac se ferme vraiment et les femmes peuvent enfin transporter leurs affaires avec une relative discrétion.
Il est impossible de parler du sac à main sans évoquer l’indépendance des femmes car la manière dont une femme transporte ses effets est étroitement liée à sa manière de se comporter. Au XIVème siècle, une dame affiche ses biens en les accrochant à une chaîne sur sa hanche; au XXIème siècle, l’opulence de son sac suggère sa fortune mais rien n’est vraiment révélé.
Le pouvoir d’un sac à main est fondé sur sa robustesse, son intimité et sa gracieuse indépendance.